“Appel à la Jeunesse Africaine” Contrat social pour le 21ème siècle
Deux événements intellectuels importants se produiront les 11 et 12 Janvier 2008 à Toulouse.
Il s’agit d’une part de l’inauguration d’une exposition sur le Panafricanisme en collaboration avec l’Université de Toulouse 2 le Mirail puis d’autre part d’un cycle de conférence qui sera assuré par le Professeur Théophile Obenga, historien, linguiste et égyptologue qu’on ne présente plus. Le Professeur Théophile Obenga a étudié la philosophie à l’Université de Bordeaux, l’histoire au Collège de France à Paris et l’égyptologie à Genève (Suisse). Il a également suivi une formation en sciences de l’éducation à Pittsburgh aux Etats-Unis. Docteur d’Etat ès lettres, ancien directeur général du Centre international des civilisations bantu à Libreville, au Gabon, il a participé à la rédaction de l’encyclopédie Histoire générale de l’Afrique réalisée sous l’égide de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture. Aujourd’hui, il est directeur du département d’études des civilisations africaines à l’université de San Francisco en Californie (Etats-Unis) et co-directeur de la revue d’égyptologie et des civilisations africaines Ankh éditée en France.
Cet événement est l’occasion de revenir sur les actualités passées et à venir, nous voulons dire les urgences sur lesquelles doivent se concentrer les intellectuels Africains et au-delà les Peuples Africains.
Tout d’abord, comprendre sans détours que la stratégie conjointe UE – Afrique qui devait être ratifiée à la date butoir du 31 Décembre est une énième entorse à la liberté des peuples Africains, à leur souveraineté économique et politique. Ces Accords dits de partenariat économique ne garantissent en aucune façon le décollage économique du continent qui a plus besoin de recentrage avec de grands projets régionaux complémentaires et dans l’agriculture et dans l’industrie, d’apports de capitaux, de diversification de ses échanges, notamment avec le monde asiatique et d’orientations stratégiques. La rupture avec l’Occident sur sa conception de l’AFrique comme réservoir de matières premières et réceptacle des pessimismes est inévitable.
Autrement dit, ce serait un suicide de signer les APE.
Le récent « Appel à la Jeunesse Africaine : Contrat Social Africain Pour le 21ème siècle » avec les thèmes qui y sont développés « L’enjeu de l’Immigration ; L’Occident : obstacle majeur au développement de l’Afrique ; La Gouvernance du Monde ; Francophonie/Commonwealth ; Patriotisme ou Corruption politico financière ; VIH/SIDA en Afrique ; Symboles irréductibles de la Jeunesse Africaine – Jeunesse Africaine & Géopolitique mondiale ; Jeunesse Africaine – Renaissance Africaine – Etat Fédéral Africain – Mœurs contemporaines (sexualité, philosophie, spiritualité…) » n’est pas le premier ni le dernier des appels à la résurgence de l’Afrique sur le plan international. Il est la suite logique des divers appels des grands penseurs du 19ème siècle avec comme précurseur, le Père Du Bois.
C’est pourquoi, les intellectuels Africains sérieux tout en poursuivant leurs objectifs qui font corps avec les aspirations des Peuples Africains doivent faire l’impasse sur le contenu de l’allocution de Mr Sarkozy prononcé à l’Université de Dakar le 26 Juillet 2007. Ceci, malgré l’immense réprobation qu’elle a suscité dans l’intelligentsia africaine. Parce qu’un discours écrit par un conseiller ne s’improvise pas et parce qu’il ne répond pas aux préoccupations intellectuelles et économiques de l’Afrique et des Africains.
Cette manifestation dessine les contours d’une Afrique vue par les Africains, à savoir une Afrique unie par la paix et l’esprit des anciens bâtisseurs, une Afrique politiquement unie du Nord au Sud, une Afrique économique forte privilégiant les échanges interrégionaux et la diversification de son partenariat, une Afrique unie culturellement par la diversité de ses peuples, une Afrique rayonnante à l’image de l’Egypte qui tel le Sphinx a plané durant des millénaires sur le monde. Telles sont les préoccupations d’essence des Africains actuels.