Propos introductif – Marche Mémoire, Toulouse 09 mai 2009
Chers frères et sœurs, chers amis,
En mémoire de nos ancêtres esclaves, victimes de la traite négrière européenne, nous marchons en ce jour pour la dignité, l’honneur et le respect
Notre objectif est de défendre la mémoire de nos ancêtres esclaves arrachés de manière criminelle à leur terre et cela sans discontinuité pendant 4 siècles.
Il s’agit d’une démarche historique puisque pour la 4ème fois, plusieurs associations de l’Afrique et de sa diaspora caribéenne ont décidé de cheminer main dans la main avec ferveur et enthousiasme pour célébrer et honorer la mémoire des peuples noirs, celle des peuples de l’humanité.
Le collectif 161, vous remercie, par ma voix d’avoir répondu à notre appel et vous adresse ses salutations fraternelles.
Investir le passé dans l’architecture d’un nouveau destin et de nos humanités, voilà la démarche de la mémoire que se doivent de saisir les collectivités humaines pour neutraliser la récurrence des guerres et des génocides. Cette mémoire en marche que nous célébrons en ce jour, s’inscrit d’une part dans le droit imprescriptible des africains et de la diaspora, d’exiger des réparations morales et matérielles pour ce double crime contre l’humanité (esclavage et colonisation), et d’autre part dans la suite d’actions menées au plan international ces dernières années par les organisations de la diaspora (Durban 1, National Comitee of Black Reparation aux Etats-Unis, le Mouvement International pour les Réparations).
Il s’agit la d’une prise de conscience de l’histoire, laquelle implique d’après Théophile Obenga « un double acte : (a) acquérir une conscience de plus en plus aïgue de la profondeur historique du monde tel qu’il a vécu ; (b) et aussi, corrélativement, acquérir une conscience de participer à l’histoire, de faire l’histoire. La conscience historique est de l’ordre de l’éveil, de la possibilité de choix, c’est-à-dire, en bref, de l’ordre même de la liberté. Les « accidents » de l’histoire (traite négrière, colonisation, traumatismes économiques, politiques, culturels, psychologiques) ont rendu le peuple africain noir amnésique : la mémoire historique collective du peuple africain a été atteinte, profondément ».
Par conséquent, la célébration de la mémoire de l’esclavage et de la traite transatlantique procède de la restauration de la conscience historique africaine.
La conscience de la mémoire consiste en une ré humanisation de tous les processus sociaux, économiques et politiques. Elle signifie société nouvelle à tous les niveaux. Elle incarne RESPECT et HONNEUR. Elle prône RENAISSANCE, elle interpelle l’UNITE, elle REPARE les esprits meurtris et divisés.
Votre adhésion à ce vaste mouvement est signe de votre volonté indéfectible à servir la résurrection de l’Afrique et de sa diaspora comme part de contribution à la paix du monde.
Puisse l’Afrique ne jamais refuser aux autres ce que longtemps le monde lui a refusé – la liberté.