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L’AFRIQUE DOIT S’AFFIRMER

21 décembre 2009 Pas de commentaires

Par Mari-Wsar – Mars 2005

1- De la méchanceté des relations internationales :

Les enjeux géopolitiques sont essentiellement basés sur deux « logiques » : celle de la domination économique des pays partiellement indépendants ou sans réelles assises étatiques, et celle de l’affirmation du rôle que l’on peut jouer sur le plan mondial. Question non seulement de prestige, mais surtout de survie, de pérennité de son hégémonie. On veille à ce que les acquis vitaux vis-à-vis des pays dominés restent tels ou accroissent au rythme des aspirations à plus de confort, à plus de puissance. C’est ainsi que des pays et des régions entières sont écartelés au nom des prébendes économiques qui y sont entretenues. (1)

Le monde fonctionne comme une véritable jungle où les puissants dévorent les faibles. Quand on est faible, on peut jouir de la protection d’un puissant mais et c’est illusoire de croire à sa bienveillance ou à son amitié. L’amitié véritable entre deux pays ne peut exister que si elle est vécue par les peuples qui composent ces deux pays et surtout si les rapports de forces sont équilibrés. Ce qui compte pour un pays dominant c’est d’accroître sa puissance afin de s’assurer une très longue existence, une carapace d’invulnérabilité. Les services secrets existent pour cette raison car la capacité de contrôle détermine la force. Gouverner, n’est-ce pas prévoir ? L’avenir étant incertain, la meilleure manière d’en avoir une certitude c’est de l’anticiper par des scenarii. Les grandes nations savent le faire pour avoir vécu ou non la pluie et le beau temps. Pour être sûr de manger de la viande demain, ne vaut-il pas mieux élever du bétail aujourd’hui et en prendre le plus grand soin plutôt que de compter sur la brousse qui ne sera peut-être pas en mesure de la fournir ! Et si l’on compte tout de même sur la brousse pour fournir cette viande, qu’il pleuve ou qu’il neige, on s’oblige à trouver le moyen de pouvoir chasser et multiplier les chances d’avoir du gibier.

Les puissants dominent parce qu’ils connaissent le principe de la prévention ; ils sont dotés d’une mémoire ineffaçable et l’Etat est une suite d’expériences qui s’accumulent pour servir de base à l’appréhension de l’avenir. Chaque génération sait se donner la tâche qui est la sienne pour renforcer les capacités de survie de la nation. Quitte à organiser pillages et génocides sur d’autres contrées de la planète ; à la manière d’un père de famille qui use de vol et de meurtre pour subvenir aux besoins de sa maisonnée. Ne dit-on pas que la fin justifie les moyens ?

En ce début du troisième millénaire chrétien, alors que nous aspirons à beaucoup plus d’humanité et de paix dans le monde, la méchanceté grandit au rythme du développement des technologies. Les puissants veillent à ce qu’ils restent les seuls maîtres de l’univers et traquent ipso facto tous ceux qui se profilent pour les concurrencer (2). Ils usent de violence en toute impunité et jouissent pleinement d’une réputation de bienfaiteurs auprès des populations violentées (3). Ils ouvrent et ferment les vannes quand ils veulent. Quand ils les ouvrent, nous les trouvons généreux et quand ils les ferment, nous partons nous agenouiller à leurs pieds pour les supplier de les ouvrir. C’est un principe élémentaire du machiavélisme : confisquer, priver, torpiller, créer la dépendance et le besoin dans un premier temps et dans le deuxième, se montrer un peu généreux afin d’être aimé, respecté et craint. Il n’y a pas meilleure méthode pour dominer un peuple (4).

L’humanité a réalisé d’énormes progrès au siècle dernier, elle n’a jamais été aussi instruite mais c’est avec beaucoup d’amertume que l’on constate une recrudescence de la violence dans les rapports entre Etats et entres peuples. La violence du monde d’aujourd’hui est plus qu’insidieuse car conçue pour être invisible. On ne se doute de rien avec cette violence au visage multiforme. Elle est présente dans l’humanitaire, l’économie, la médecine, le commerce, la religion, la diplomatie, la nourriture, la fraternité, les objets banalisés, la psychologie, la télé, etc. Elle se comporte comme un homme qui aime éperdument sa femme mais la trompe quand même. Les plus grands criminels de ce monde sont ceux qui président à la destinée de la planète en connivence avec les gouvernements de leurs pays.

Par leur caractère conciliant et la pertinence – ou l’impertinence – de leurs recommandations, les structures comme le FMI, la Banque Mondiale, l’ONU, etc. ont toujours donné l’illusion d’œuvrer pour plus d’équité et de justice dans le monde. En Afrique, profanes et spécialistes croient en ces organismes alors qu’ils font partie de l’arsenal de la domination impérialiste.

A ce jour la situation de l’Afrique et de ses habitants est plus que déplorable. D’autres nations peuvent les écraser sans fracas et au besoin on peut même rétablir la colonisation ou l’Esclavage des cinq derniers siècles. Rien ne pourrait l’empêcher. Les autres peuples ne s’en offusqueraient pas d’autant plus que l’histoire qui leur est enseignée leur apprend que les Noirs ont toujours servi d’esclaves aux autres. Cette éducation leur est donnée pour que la misère des Noirs leur paraisse normale. Chaque génération est appelée à prendre le flambeau pour perpétuer le système dans la perspective d’ajouter une plus-value à l’héritage qui doit être laissé aux autres générations. Garder les Noirs en captivité permet au monde boréo-occidental (5) de réaliser d’énormes profits et d’assurer un revenu décent à leurs concitoyens.

A l’ère de la nanophysique, de l’électronique et de la conquête de l’espace, l’information est devenue plus qu’un facteur de développement dans lequel tous les pays dignes de ce nom investissent pour pouvoir continuer d’exister. C’est devenu une loi de la nature au-delà de l’excitation qu’on peut avoir de savoir en temps réel ce qui se fait entre quatre murs à l’autre bout du monde. Face à cette hostilité de l’environnement mondial, il est plus qu’impérieux que l’Afrique se lève et arrête de subir l’écrasement du reste du monde. Pour ce faire, elle doit s’organiser aussi vite que possible pour se doter des mêmes structures que les grandes nations.

2- Survivre ou disparaître :

Les temps que nous vivons sont graves et décisifs pour la survie de l’Afrique. Si nous ne voulons pas que l’Afrique disparaisse dans un avenir plus ou moins lointain, nous n’avons pas d’autre choix que de la construire maintenant. Cet impératif était capital dans l’esprit de Menes (6) il y a plus de 5000 ans et cela a permis à la plus grande civilisation antique d’émerger. Nous ignorons les données géopolitiques de l’époque mais la motivation semble avoir été la même qu’elle doit l’être aujourd’hui : survivre ou disparaître.

De l’état actuel des choses, tous les ingrédients sont réunis pour dire que l’Afrique est en voie d’extinction. En conséquence, il ne doit pas nous être permis d’ignorer le problème en trouvant refuge dans l’inconscience, en vivant le présent sans penser à laisser d’héritage aux générations futures. La tâche est énorme et requiert de la bonne intelligence. Il s’agit moins d’une simple aspiration à sortir de la fournaise de la misère que d’un réel désir d’exister avec la certitude de continuer d’exister en tant que Nation et Peuple souverains au même titre que les Européens, les Américains, les Chinois dont nous admirons les progrès. Notre situation de spectateurs ne peut continuer de perdurer. Ayant les mêmes capacités physiques et intellectuelles que les Chinois ou les Européens, nous devons par nos propres moyens réussir – puisque personne ne nous y aidera – ce que eux ont réussi. Comme eux nous devons nous affirmer et acquérir les moyens de nous défendre en cas d’agression afin qu’aucune autre nation ne puisse rien nous imposer (7). Dans la jungle, le lion ne chasse pas le lion, le tigre ne chasse pas le tigre ; il faut chercher à être un lion pour ne pas se faire dévorer.

Contrairement à certains présages, le XXIème siècle n’est pas un siècle de paix ; on pourra le qualifier de siècle de lumière car ce siècle est celui de l’étalage des vérités cachées, de l’expression des bâillonnés et de l’affirmation des identités. La violence va augmentant et tant pis pour les faibles qui ne veulent pas s’affranchir. Tous les peuples adultes sont éveillés et montent la garde pour se préserver du danger qui peut surgir de n’importe où, de la nature comme d’autres nations. Vouloir s’affirmer est une question de vie ou de mort. Nous avons plus que jamais le devoir de veiller à ce que le Monde Noir puisse continuer d’Exister en tant que composante de l’Humanité. Dire cette vérité ne relève ni de la paranoïa ni du racisme, quoiqu’on puisse en dire.

Les Boréo-Occidentaux et d’autres peuples ont une idée de ce que sera le monde dans les décennies et les siècles à venir tandis que les Africains n’en ont pas le moindre soupçon. Les Africains applaudissent l’Europe qui s’unit et se construit, ils sont si contents d’avoir des euros entre leurs mains mais paradoxalement ils ne veulent pas entendre parler de l’Afrique Unie. Encore moins d’une monnaie africaine ou d’une langue continentale. Les enjeux ne sont peut-être pas connus, mais avec un minimum d’intelligence on peut comprendre que ce n’est pas à titre ludique que les Européens ne veulent constituer qu’un seul bloc et ne rêvent pas moins de plus de puissance. Là encore nous ne faisons pas preuve d’esprit, les leçons de la guerre froide ne sont pas tirées. Les géants ne font plus la guerre dans leurs propres territoires ; quand ils se battent, ce sont les faibles qui payent les pots cassés. L’Afrique se révèle être le terrain idéal pour toute bagarre. Les richesses y sont incalculables, les conditions climatiques y sont idéales. Son immensité (trois fois l’Europe) fait rêver les Boréo-Occidentaux. On peut m’accuser d’hypostasier le plan qu’ils pourraient avoir de vouloir en faire une nouvelle Australie ou une nouvelle Amérique (8) mais cela peut se révéler plus qu’une suspicion. D’ailleurs rien ne pourrait le leur empêcher d’autant que par les nouvelles méthodes alambiquées de la mondialisation et des armes biologiques cela passerait inaperçu. Les multinationales, le VIH du sida et le virus d’Ebola en sont un exemple et beaucoup d’autres virus mortels sont opérationnels (9). Je rappelle que gouverner c’est faire de la prévention et on peut prévoir des scenarii du XXIIème ou du XXIIIème siècle alors que nous sommes encore au début du XXIème siècle de l’ère chrétienne. On peut donc commencer une action aujourd’hui qui n’aura un réel effet que dans trois cents ans. La mémoire d’un Etat digne de ce nom ne s’efface pas. Ce n’est qu’en Afrique, dans les pays manipulables que la mémoire étatique s’efface à chaque changement de régime.

Le Peuple Noir a beaucoup fait pour l’humanité mais il demeure le seul à contribuer au développement de la technologie sans en avoir l’apanage. Ouvriers de l’ombre ou simples cobayes, nous sommes souvent utilisés dans beaucoup d’expériences sans le vouloir ; et nous participons à notre propre élimination sans le savoir. Parfois au prix d’une petite bouchée de pain, comme l’on dirait « ventre plein, Nègre content ! »

3- Rompre avec notre comportement d’esclave :

La domination que subit le monde noir est sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Elle s’apparente à l’apprivoisement des bêtes domestiques, dressées pour obéir aux maîtres sans sourciller. Ce qui fait qu’au lieu de travailler pour l’expansion de leur peuple et de leurs pays, les Noirs sont dans leur grande majorité, les seuls sur cette planète à travailler pour les intérêts des autres peuples. Toutes leur intelligence et leur force sont mises au service du maître. Du plus pauvre au plus instruit, la lecture comportementale est presque la même : une propension inconsciente à se plier devant les personnes dont ils ont été esclaves. Les Boréo-Occidentaux et les Arabes principalement.

Cet état de servitude perpétuelle est difficile à combattre tant que des structures parallèles d’éducation et d’ascension sociale ne sont pas mises en place par les Noirs pour les Noirs dans les sociétés où nous sommes minoritaires (10). En Afrique c’est carrément tous les systèmes d’éducations nationales et religieuses qu’il faut réformer pour en finir avec les réflexes de soumission et cultiver l’esprit d’héroïsme qui crée la fierté et propulse vers les victoires du développement. D’ores et déjà il faut rebaptiser en T. SANKARA, R. UM NYOBE, MALCOLM X, P. LUMUMBA, etc. toutes les rues, places et édifices qui rappellent le passé colonial et qui portent des noms comme Rhodes, De Gaulle, etc. Si De Gaulle et ses congénères sont des héros pour leurs pays, ils ne demeurent pas moins des bourreaux dans la conscience africaine et de ce fait ne méritent pas notre respect. D’ores et déjà il faut vouer à l’interdit tous les symboles et figures de la domination raciale comme les portraits de Jésus, de ses apôtres et des anges arabes qui entourent les représentations de Cheikh AMADU BAMBA. Seuls les héros et personnages africains méritent d’être honorés en Afrique.

Notre réputation d’être festifs, d’accueillir à bras et cœur ouverts, de rire jusqu’à faire éclater les commissures de nos lèvres ne sert qu’à ouvrir des brèches à ceux qui nous haïssent. Aux yeux de ceux qui nous « apprécient » ainsi, nous passons pour des enfants, pour des êtres qui n’ont pas la conscience du danger et qui ne prennent pas le temps de s’asseoir pour examiner l’environnement qui les abrite. Le monde est violent mais nous ne voulons rien en savoir, préférant placer nos forces à croire aux prophéties bibliques et coraniques au lieu de nous mettre au travail pour forger notre propre salut. Il ne s’agit pas de rejeter Dieu mais de faire preuve d’un peu de discernement. Les écritures dites sacrées des trois religions dites révélées à savoir le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam masquent la réalité des choses et nous rendent aveugles devant certaines vérités. Elles nous enferment dans un enclos où il nous est difficile de distinguer le mal du bien, le vrai du faux, et ce qui peut être menaçant pour nos vies. On ne voit même pas le nationalisme, le racisme et le caractère coercitif des principes qu’elles renferment. Notre foi dans ces écritures nous pousse à insulter nos propres ancêtres ; à travers par exemple la légende d’Abraham, de Moïse où l’Egypte Antique et ses rois sont diabolisés à outrance. Cela ne relève pas de l’eschatologie que de dire qu’il y a une machine invisible qui nous écrase et nous tue à petit feu. La réalité me semble plus dramatique. Le racisme est à son paroxysme mais pour nos oppresseurs, il s’agit moins du racisme que de la nécessité d’assurer leurs arrières.

Notre faiblesse réside dans les frontières que nous nous sommes assignées ou que d’autres ont fixées pour nous. Qu’est-ce qu’un congolais de MFOA (11) a de plus qu’un congolais de KINSHASA pour ne pas se blairer mutuellement ? Qu’est-ce qu’un Hausa (ha-hu-sa) a de plus qu’un Igbo pour ne pas se tolérer mutuellement ? Avant même l’unification politique de l’Afrique, cette question des frontières mentales devra être tranchée. Partout où nous pouvons être en Afrique, nous devons nous sentir chez nous car l’Afrique est la patrie de tous les Africains disséminés à travers le monde (12). Les réalités ethniques doivent être prises en considération pour éviter que le principe de l’exploitation de l’homme par l’homme prenne le dessus sur l’Afrique des peuples qui se veut équitable et sans heurts (13).

Dans une population gérée à la machiavélique, les conflits horizontaux qui naissent des rivalités entre composantes du peuple sont monnaie courante. Car le dénuement crée la jalousie (horizontale) en même temps qu’il crée la soumission (verticale). C’est comme deux femmes rivales dans un foyer polygame. Dans notre quotidien cela se traduit par notre manque d’amour les uns pour les autres et par la politique du ventre qui nous est fatale. Pour une bouchée de pain ou une liasse de billets, nous trahissons si facilement nos propres frères. C’est pourquoi on nous traîne dans la boue, où que nous soyons dans le monde et quelle que soit notre nationalité. Nous refusons souvent de l’admettre par orgueil mais il reste vérifiable par la situation générale des Noirs dans le monde que plus d’un siècle après l’abolition de l’Esclavage, nous croupissons toujours sous le joug de la sujétion (14).

Il y a une chose que nous devons savoir c’est que nous ne devons rien au reste de l’humanité. Au contraire, l’humanité nous est redevable. N’en déplaise à ceux des intellectuels africains (de la diaspora comme du continent) qui pensent que nous devons remercier les Boréo-Occidentaux « de nous avoir permis de sortir de nos forêts et savanes africaines et faire de nous des hommes modernes. » Ce discours est plus qu’aberrant. Il légitime et cautionne la violence perpétrée contre nous et nous enlève toute velléité d’indépendance. L’apport de l’Afrique dans le développement de l’Europe et de l’Amérique est plus qu’incommensurable. La prospérité de ces deux continents est née de l’Esclavage, de la Traite des Noirs et de la Spoliation de ceux qu’on appelle les « Amérindiens ». Cette prospérité a rendu possible le fameux XVIIIème siècle qui a vu naître le capitalisme, l’engouement aux sciences et les aspirations sociales.

J’ai souvent entendu dire dans mes discussions que « la situation des Noirs n’a jamais été aussi meilleure qu’aujourd’hui, pourquoi vouloir la détériorer par des revendications sans fondement ? » (15) ou encore « j’en ai rien à branler de vos discours révolutionnaires, j’ai mon job, je ne peux espérer mieux, etc. » Ces raisonnements d’esclaves sont plus qu’enfantins quand ils sortent de la bouche de nos élites. On y voit bien le manque de clairvoyance et de prévoyance, l’esprit d’insouciance qui ne devait exister que chez les moutons. Se contenter du peu qui nous est permis d’avoir c’est renoncer à la faculté de penser, de s’autogérer, d’être indépendants. La fatalité c’est d’accepter les choses comme le maître les a établies : il pense et décide pour nous, « et c’est pour notre bien. » C’est en cela que l’on comprend les accords militaires et monétaires que nos pays entretiennent avec les anciens bourreaux esclavagistes – qui le sont toujours d’ailleurs. Ils vendent nos matières premières pour nous, s’occupent de nos finances, gèrent notre monnaie et planifient notre économie. Nous n’avons qu’à attendre que leur intelligence surnaturelle travaille pour nous, invente pour nous. Et nous n’avons qu’à consommer le produit de leur intelligence : les belles voitures, les beaux vêtements, etc. N’est-ce pas une situation de privilégiés !

Lorsque nous utilisons un appareil sophistiqué ou un nouveau produit sur le marché nous nous exclamons : ah, le Blanc est intelligent ! alors que rien n’est sorcier. D’emblée nous acceptons notre infériorité raciale. Et nos maîtres veillent à cela, à la vérification des clichés et des postulats. Ils nous connaissent pour nous avoir « élevés » dans leurs écoles. Ils savent que nous aimons imiter leurs manières, nous apprécions leur compagnie, nous aimons le luxe et tous les gadgets qu’ils peuvent nous miroiter. En conséquence lorsqu’on sait tout cela, il devient très facile de corrompre un Noir. Le fait de le savoir leur donne une longueur d’avance sur nous car nous ne savons pas comment corrompre un Blanc. Il ne s’agit pas ici d’opposer le Noir au Blanc ou d’exhorter au racisme anti-blanc mais de sensibiliser le Noir à la réalité des choses, de lui lancer un appel au patriotisme africain (16), à l’impératif de la construction de l’Afrique pour que cesse la subordination qui fait des Noirs des sous-êtres-humains, sans réel pouvoir de décision.

Beaucoup de nos pays sont des PPTE (Pays Pauvres Très Endettés), statut dont certains gouvernements sont si fiers d’avoir négocié pour bénéficier d’un certain traitement de faveur au sein des institutions internationales (17). Pour certains gouvernants, nous n’avons pas intérêt à sortir de ce statut au risque de payer la totalité de notre dette extérieure. Nous savons de ces fantoches dirigeants que le statut de « pays pauvres » de nos pays leur ouvre la porte à toutes les concussions et que les discours du genre « nous sommes pauvres, aidez-nous » qu’ils brandissent comme une arme pour négocier les « aides publiques au développement (APD) » relèvent moins de la réelle volonté politique de résoudre les problèmes que de la résignation et de l’immobilisme socio-économique qui garantit leur enrichissement personnel.


NOTES EXPLICATIVES

(1) La guerre du Rwanda, de la RDC, de la Côte d’Ivoire ou de l’Irak en sont des illustrations parlantes. Les instigateurs qui sont d’excellents propagandistes à travers leurs médias « impartiaux », réussissent toujours à maquiller le mal et à paraître comme des pompiers bienfaiteurs.

(2) Nous savons par exemple avec quel acharnement les USA s’emploient à dissuader l’Iran de développer l’arme nucléaire.

(3) Malgré ce que savent les Africains sur le tort qui leur est fait par les anciennes puissances coloniales (puissances néo-coloniales), leur attachement à ces pays est plus qu’affectif, même chez les opposants des dictatures néo-coloniales. Leur espoir continue d’être la France, la Grande-Bretagne, etc.

(4) Alors que le pillage des pays du Sud et notamment ceux d’Afrique par les nations impérialistes est flagrant, les Africains continuent de croire à la bonté et à l’aide salvatrice des seconds.

(5) Savoir nommer soi-même les objets est le début de l’intelligence. Il y a quatre points cardinaux dans le monde : le Nord, le Sud, l’Est et l’Ouest. En s’appelant Occidentaux (de la Russie en Amérique), les Européens n’ont tenu compte que de deux pôles : l’Est (Asie) et l’Ouest. A cette époque « des lumières » ou même avant (opposition Rome – Constantinople), l’Afrique ne comptait pas dans l’humanité, du moins dans la pensée européenne. Les expressions Nord Sud pour distinguer les pays industrialisés de ceux qui ne le sont pas ne datent pas d’il y a longtemps. Le terme approprié pour désigner le pôle géographique qui va de la Russie en Amérique est Nord-Ouest.

(6) Premier per-rah (pharaon) connu de l’histoire. Aussi connu sous le nom de Narmer, il unifia le Sud et le Nord de Khemet (la Haute et la Basse Egypte Antique) en un seul royaume sur le socle de la Mâat, le principe de l’harmonie cosmique et universelle.

(7) A titre d’exemple, le 6 Novembre 2004 l’armée française s’est permise de bombarder la totalité de la flotte aérienne des FANCI (forces armées nationales de Côte d’Ivoire) pour avoir perdu, selon le discours officiel, neuf de ses soldats dans le bombardement d’une base militaire française à Bouaké. Si la Côte d’Ivoire avait le même poids que la France, celle-ci ne se serait pas permise d’anéantir l’aviation militaire ivoirienne et faire condamner la Côte d’Ivoire aux Nations Unies.

(8) Nous savons ce qui est advenu de ceux qu’on appelle communément les Indiens d’Amérique : des étrangers, des mendiants dans leur propre pays.

(9) Ce que nous savons du docteur Wouter BASSON allias docteur LA MORT en Afrique du Sud sur le programme d’extermination des Noirs par le moyen d’armes biochimiques n’est pas un cas isolé.

(10) Les écoles privées juives dans le Nord-Ouest (Europe et Amérique) ont fait et font la force des Juifs. Leur histoire – quand bien même idéalisée – y est enseignée avec beaucoup d’insistance. Ce qui les rend fiers d’être juifs, contrairement aux Noirs dont l’histoire est dénaturée, falsifiée de façon à ne leur renvoyer qu’une image réductrice.

(11) Ancienne appellation de Brazzaville à l’époque du royaume Téké (fin du XIXè siècle chrétien). Pour s’affranchir, l’Africain doit rompre avec tous éléments de son aliénation. Contrairement à ce que pense SASU NGESO et ses acolytes, Savorgnan De Brazza n’était pas un humaniste mais un conquérant esclavagiste qui a humilié nos ancêtres. Demandez aux Français s’ils ont gardé les vestiges de la colonisation romaine, de l’occupation allemande ou de l’occupation anglaise qui a érigé Jeanne d’Arc sur le piédestal de l’héroïsme français.

(12) Entendre par Africains, tous les Noirs. Si cela ne plait pas aux aliénés, qu’ils sachent que ça n’a rien de raciste de rassembler les siens. Dieu n’a créé qu’un seul couple, il était noir à sa création, puis s’est diversifié selon le climat dans le paléolithique moyen (40000 – 20000 ans avant l’ère chrétienne), pendant la dernière glaciation. L’humanité entière descend du premier couple mais l’égoïsme et la méchanceté de l’homme ont créé le racisme, le communautarisme. Toutefois en tant que dépositaire de la MAAT, le principe de l’harmonie cosmique, l’Afrique se veut conciliante et hospitalière avec toutes les composantes de l’humanité, même celles qui la haïssent car une mère ne peut pas rejeter ses rejetons.

(13) L’exploitation égoïste de l’homme par l’homme est source de conflits. Il y a des régions riches et des régions pauvres en Afrique ; les richesses des régions riches appartiennent à tous les Africains mais elles doivent avant tout profiter aux régions qui les abritent. Le cas des régions Sud du Nigeria où le pétrole coule à flot au milieu de taudis et d’indigentes gens est inacceptable.

(14) En janvier 1977 à sa 17ème année à la tête de l’Etat sénégalais, L. S. SENGHOR, confiait à un journaliste de Jeune Afrique qu’ »on est colonisé et on ment au peuple qu’on est libre ». Cité par J. TCHUNDJANG PUEMI (p155) dans « Monnaie, servitude et liberté. »

(15) Beaucoup de nos congénères se sont indignés de l’audace dont L. GBAGBO et son peuple ont fait preuve à l’égard de l’armée française en novembre 2004. Ces esclaves, programmés pour défendre les intérêts du maître, n’ont pu supporter de voir des Noirs « s’insurger » contre des Blancs. Ils se sont « naturellement » rangés du côté de nos fossoyeurs. Peur eux, le temps des révolutions et des revendications est révolu.

(16) L’adjectif ou le déterminatif « africain » est souvent préféré à celui de « panafricain » ou de Noir.

(17) A titre d’exemple, le Congo-Brazzaville – j’aurais préféré Congo-Mfoa – a déployé tout un arsenal diplomatique pour entrer dans la catégorie des PPTE afin d’obtenir un allègement de sa dette extérieure… C’est plus que dévalorisant !

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